Moi, Bernard

Création à Scènes Vosges (Théâtre Municipal d'Épinal)

les 18, 19 et 20 décembre 2018

 

« Paris avril 1983

Je pars pour le Sénégal. Retourner voir où devraient être mes racines pour découvrir une nouvelle fois qu’elles n’y sont pas, et revenir ici pour prendre le temps de me les réinventer là-bas. »

 

En 2009 – année des vingt ans de la mort de Bernard-Marie Koltès – je recevais pour commande de travailler sur Lettres de Bernard- Marie Koltès dans le cadre d’une Master Classe. C’est ce travail – imaginé à l’époque pour quinze élèves comédiens – que je reprends aujourd’hui. À la différence que j’en suis cette fois l’unique interprète.

 

Des toutes premières lettres à ses parents à celles qui précèdent de peu sa disparition, c’est toute l’histoire de la vie de l’homme Koltès qui est offerte dans Lettres. Et c’est à la fois quotidien et sublime. J’ai choisi de considérer l’objet comme une autobiographie involontaire et par conséquent de l’adapter en un monologue en mouvement et à travers les âges de la vie de Bernard-Marie Koltès.

 

Moi, Bernard c’est une parole qui se balade. Le carnet de voyage d’une vie. Koltès était un voyageur obsessionnel, tout à la fois misanthrope et très attaché à ceux qu’il aimait et à qui il écrivait longuement et régulièrement. Ce qu’il fait entendre de lui même, de son époque, des pays et des villes qu’ils traversent touche au cœur.

 

Dans Moi, Bernard – d’une certaine manière – j’ose le « je ». Celui de l’auteur bien-sûr mais aussi le mien. Je fréquente Koltès depuis si longtemps que j’ai parfois le sentiment que nous sommes familiers. Ses pièces que j’ai montées, ses écrits qui m’ont tant marqué, son enfance messine que j’ai toujours – naïvement il faut bien le reconnaître – voulu confondre avec la mienne...

 

Moi, Bernard rendra compte de l’homme Koltès tel qu’il transparaît dans ses lettres et si je l’incarne parfois, je ne m’y substitue jamais. La proposition oscille entre conférence et conte, avec une adresse au public constante.

 

Jean de Pange

Interprétation Jean de Pange | Adaptation et mise en scène Jean de Pange et Claire Cahen | Collaboration artistique Pauline Collet | Son Cédric Colin | En cours…

La presse, à propos de Lettres

De l’enfant de 7 ans qui écrit un « compliment » à ses parents à l’adulte au plus près de la mort, envoyant une dernière étincelle à son frère sous forme de question sans réponse : « In God we trust, do we ? »... Ce recueil de lettres, de billets et de petits mots, le plus souvent intimes, parfois professionnels, classés chronologiquement, prend peu à peu corps comme le chemin d’une vie. Une vie fulgurante, travaillée par l’impérieuse nécessité d’écrire... pour le théâtre, que celle de Bernard-Marie Koltès, mort du sida [en 1989], alors qu’était venue enfin la reconnaissance (depuis 1983, via Patrice Chéreau et la création de Combat de nègre et de chiens au Théâtre des Amandiers de Nanterre).

Artiste trop tôt fauché pour tant de rencontres à vivre et d’oeuvres à imaginer encore, de manière souvent acharnée, dans la radicalité de la solitude... C’est tout ça, à l’état brut, que le fil d’une plume à l’aise dans la correspondance, tantôt classique et contenue, tantôt drôle et délassée, révèle par morceaux. C’est efficace comme une autobiographie. Et comme une bibliographie. Les deux mêlés. Car on y voit la vie (la douloureuse condition d’écrivain pour celui qui refuse tout autre métier ; l’appétit vorace du voyage, en Afrique ou en Amérique centrale) comme l’oeuvre s’y dérouler pas à pas… […] ce corpus de lettres constitue la matrice indispensable à toute empathie avec son oeuvre, aussi brève qu’intense.

 

Emmanuelle Bouchez, Télérama n°3118 | 14 octobre 2009

Coproduction Astrov / Scènes Vosges
avec le soutien de l'Espace Bernard-Marie Koltès (Metz) et de l’association Quai Est

 

Moi, Bernard - Fiche de diffusion
Astrov - Moi, Bernard - Fiche de diffusi
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